Vape ou tabac : réduction des risques ou dangers différés ?

J'ai fumé pendant des années, puis vapoté avant d'arrêter définitivement grâce à l'hypnose. Dans cet article, je partage mon parcours et les données scientifiques actuelles sur les risques réels du tabac et de la vape.

Thomas Beaucher

1/7/20265 min read

Vape ou tabac : réduction des risques ou dangers différés ?

Mon parcours, les données scientifiques et la question qui dérange.

Pourquoi cette question me concerne personnellement.

Pendant longtemps, j’ai cru que je contrôlais la cigarette. Comme beaucoup, je pensais pouvoir arrêter quand je le voudrais. J’avais tort.
Aujourd’hui, en voyant une génération entière vapoter massivement, je me pose une question simple, mais dérangeante : la vape est-elle une solution… ou le problème de demain ?

Je ne suis ni anti-vape dogmatique, ni défenseur aveugle de la cigarette électronique. Je partage ici mon histoire, les faits scientifiques établis, et les zones d’ombre qui subsistent. Chacun se fera son opinion.


1. J’ai commencé à fumer à 14 ans (et je croyais que ce n’était pas grave)

J’ai commencé à fumer à 14 ans. À l’époque, on appelait ça « crapoter ».
Je ne fumais pas “vraiment”, je ne descendais pas la fumée dans les poumons — du moins, c’est ce que je croyais.

Mon père fumait énormément. Partout : dans la maison, dans la voiture. Quand j’y repense aujourd’hui, j’avais parfois du mal à respirer. J’ouvrais les fenêtres pour avoir de l’air. Pourtant, paradoxalement, c’est aussi ce modèle qui a banalisé la cigarette dans mon esprit.

À la sortie du collège, presque tout le monde fumait. J’allais prendre des cigarettes en douce à mon père pour faire comme les autres.
On me répétait :

« Tu ne fumes pas vraiment, tu peux arrêter quand tu veux. »

C’était faux.


2. L’illusion du contrôle et l’installation de l’addiction

À 18–19 ans, j’ai voulu arrêter. Impossible.
Je ne tenais pas une journée. Parfois même pas quelques heures.

Avec le temps, la cigarette est devenue une béquille : stress, fatigue, pression professionnelle.
Quand ma première fille est née, j’ai arrêté plus d’un an. Puis j’ai créé mon entreprise… et j’ai repris.

Dans ma tête, une autre croyance s’était installée : arrêter de fumer fait grossir.
Mon père avait arrêté brutalement après le décès de mon oncle (mort d’un cancer de la gorge lié au tabac). Il avait pris environ 25 à 30 kg. Cette image m’a longtemps conditionné.

3. Le corps dit stop : accident, maladie, signaux d’alarme

En 2014, j’ai eu un accident de voiture.
J’ai ensuite développé une algie vasculaire de la face — des douleurs extrêmement violentes. Et pourtant, je continuais à fumer.

En mars 2018, j’ai fait une péricardite. Hospitalisation.
Malgré cela, je fumais toujours.

J’avais essayé :
• les patchs → intolérance cutanée
• le Champix (varénicline) → pensées noires, mal-être psychique

👉 Ces effets indésirables sont documentés, notamment pour la varénicline
(Source : ANSM, EMA, FDA – mises en garde sur les troubles neuropsychiatriques).


4. 24 juin 2018 : j’arrête la cigarette… grâce à la vape

Le 24 juin 2018, après une soirée trop arrosée, je n’ai pas fumé pendant deux jours.
Je me suis dit : c’est maintenant ou jamais.

Sur conseil médical, je suis passé à la cigarette électronique.
Mon médecin m’a dit :

« Ce n’est pas sans risque, mais c’est moins nocif que la cigarette. »

Ce que dit la science à ce sujet

✔️ La vape expose à beaucoup moins de substances toxiques que le tabac brûlé
✔️ Mais elle n’est pas inoffensive

Sources :
• Organisation mondiale de la santé (OMS), 2023
https://www.who.int
• Centers for Disease Control and Prevention (CDC), 2024
https://www.cdc.gov/tobacco/e-cigarettes
• Public Health England (rapport de référence, toujours cité)
McNeill et al., E-cigarettes: an evidence update, 2015–2022


5. Ce que j’ai vécu avec la vape (et que peu de gens racontent)

Je vapotais beaucoup.(beaucoup trop avec du recul !)
Plus que je ne fumais.

J’avais :
• deux cigarettes électroniques (au cas où)
• des batteries chargées
• des réservoirs de secours
• toujours du liquide sur moi

Je vapotais partout, tout le temps.
Deux bouffées. Pause. Deux bouffées.
La dépendance au geste était devenue permanente.

Ce point est documenté

Des études montrent que la vape peut renforcer la fréquence d’exposition à la nicotine, même à dose plus faible par bouffée.

Source :
• Hajek et al., Addiction, 2020
• CDC, 2024


6. Le DIY : le moment où j’ai commencé à douter sérieusement

Pour des raisons de coût, je suis passé au DIY (Do It Yourself).
En lisant les notices, j’ai vu cette phrase :

« En cas de contact cutané, laver immédiatement et abondamment. »

Et là, j’ai eu un déclic.

Je me suis dit :
👉 Si je dois me laver les mains immédiatement quand ça touche ma peau… qu’est-ce que j’inhale exactement ?

J’ai commencé à lire les compositions :
• propylène glycol
• glycérine végétale
• nicotine
• arômes chimiques

Ce que dit la science (sans extrapoler)
• Certains arômes, inoffensifs par ingestion, peuvent devenir irritants ou toxiques une fois chauffés et inhalés
• Les effets à très long terme (20–30 ans) sont encore inconnus

Sources :
• National Academies of Sciences, Engineering, and Medicine, 2018
• European Respiratory Society, 2022
• Our World in Data, 2024
https://ourworldindata.org/vaping-vs-smoking-health-risks

➡️ Je ne sais pas aujourd’hui dire scientifiquement si la vape provoquera autant de cancers que le tabac.
➡️ Personne ne le sait encore.


7. Arômes sucrés, jeunes, répétition : une inquiétude légitime

Quand je vois des goûts :
• barbe à papa
• caramel beurre salé
• fruits ultra sucrés

Je fais le parallèle avec l’industrie agroalimentaire :
➡️ renforcement de l’addiction par le plaisir sensoriel

Des données montrent que :
• les jeunes vapoteurs ont un risque accru d’expérimenter le tabac ensuite
• la vape peut normaliser le geste de fumer

Source :
• US Surgeon General, 2021
• CDC Youth Tobacco Survey, 2023


8. L’hypnose : ce qui m’a permis d’arrêter définitivement

À un moment, j’ai dit stop.
Pas juste réduire. Pas substituer. Arrêter complètement.

Je suis allé voir un hypnothérapeute.
J’ai travaillé sur :
• la dépendance
• le geste
• les croyances (poids, stress, plaisir)

Depuis :
• je ne fume plus
• je ne vape plus
• je n’ai aucune envie de reprendre

Nous sommes en 2026 !


9. Alors… la vape est-elle « les morts de demain » ?

Ce que l’on peut dire avec certitude

✔️ Le tabac tue massivement et de façon démontrée
✔️ La vape est moins nocive que le tabac, selon toutes les grandes agences de santé
✔️ La vape n’est pas sans risque
✔️ Les effets à long terme ne sont pas encore totalement connus

Sources clés :
• OMS, 2023
• CDC, 2024
• Our World in Data, 2024
• European Respiratory Society, 2022

Ce que je pense personnellement (opinion, pas un fait)

Je crains que la vape ne devienne un problème de santé publique à long terme, surtout chez les jeunes, si elle est banalisée comme inoffensive.

Ce n’est pas une vérité scientifique.
C’est une question ouverte, basée sur mon vécu et sur l’histoire du tabac.

Conclusion – La vraie question à se poser

La vraie question n’est pas :

« Vape ou tabac ? »

Mais plutôt :

Comment aide-t-on réellement les gens à sortir de la dépendance, sans déplacer le problème ?

Mon histoire m’a appris une chose :
➡️ Remplacer n’est pas toujours guérir.

Sources principales (vérifiables)
• Organisation mondiale de la santé (OMS) – 2023
• Centers for Disease Control and Prevention (CDC) – 2024
• National Academies of Sciences, Engineering, and Medicine – 2018
• European Respiratory Society – 2022
• Our World in Data – 2024
• US Surgeon General – 2021